Aristide Bruant : sa vie et son œuvre

 Aristide Bruant naquit le mardi 6 mai 1852, à dix-sept heure trente, à Courtenay, dans le Loiret, sous le nom de Louis, Armand, Aristide Bruand. Il changea Bruand en Bruant lorsqu'il devint chansonnier. Après des études secondaires, au lycée impérial de Sens, il rejoignit ses parents, à Paris, ceux-ci ayant fui Courtenay, après la faillite de son père. A ses débuts il fut saute ruisseau : personne chargée par l'étude d'un huissier de porter les documents de saisie ou d'expulsion. Ce travail permit à Bruant de s'imprégner de la vie des pauvres gens dont les caractéristiques régionales les poussaient à se regrouper par quartiers différents, à travers Paris et sa banlieue ; toutes ses chansons et monologues sont emprunts des langues patoises et argotiques de ce peuple de la marge tant Bruant leur trouvait une couleur particulière et une poésie aux métaphores inédites. De cela, il tira l'originalité de textes qui fit de lui un artiste à part, précurseur de la chanson réaliste.

Pour changer de situation et après avoir suivi un apprentissage dans le domaine de la bijouterie, il travailla à la société des Chemins de Fer du Nord afin d'être mieux rémunéré et aider ses parents ; le père n'ayant pas de travail stable et la mère gagnant une misère en ravaudant. Le dimanche, il se rendait dans les guinguettes, écouter les chanteurs de scies musicales en vogue ; un jour, poussé par des amis, il débuta sur scène. Peu à peu, il intégra les cafés concerts les plus fréquentés jusqu'à ce qu'il rejoignit le Chat Noir, en juillet 1884. Il y créa le chant de ralliement du cabaret, la « Ballade du Chat Noir » que les habitués chantaient en chœur. Auparavant, il avait rencontré Mlle Mariony qui composait pour lui et dont il s'était épris ; elle mit au monde, le 1er mai 1883, son fils unique, Aristide Bruand. La malheureuse décéda, peu après. La mère de Bruant s'occupa du petit pendant que Aristide Bruant, en 1885, s'installa, dans les locaux du Chat Noir qui venait de déménager.

Il nomma son cabaret « Le Mirliton ». Les débuts furent difficiles au point qu'un jour, excédé par des consommateurs qui ne renouvelaient pas leur bock de bière, il se mit à les injurier ; sans le vouloir, il venait de se donner un genre, qui rameuta les curieux, voire les snobs en mal de nouveauté. Le succès grandit et ce fut la gloire ; s'en suivit son admission à la Société des Gens de Lettres qui l'acceptait dans son cénacle en tant qu'écrivain talentueux suite à la publication de ses trois tomes de « Dans la Rue », et de ses textes de chansons et monologues. Après huit ans, il avait économisé suffisamment pour se retirer à Courtenay. Entre temps, en 1895, il s'était mis en ménage avec Mathilde Tarquini d'Or, cantatrice à l'Opéra comique ; compagne qui vécut avec Bruant jusqu'à ce que celui-ci décédât, le 11 février 1925. Son fils, Aristide, embrassa la carrière militaire et trouva la mort, au champ d'honneur, le 16 avril 1917. Tarquini d'Or, son fils Brutus, la fille Jacqueline de Brutus et Pierre Bobard, le compagnon de celle-ci, furent les héritiers successifs de Bruant ; le samedi, 27 octobre 2014, furent vendus aux enchères quelques rares tableaux, journaux et lettres de ce qui restait de la succession de Bruant.

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